Des vacanciers se dirigent vers une tente lodge spacieuse sur un camping haut de gamme au coucher du soleil.
Publié le 21 octobre 2026

L’hôtellerie de plein air française change de visage. Entre tentes safari équipées, cabanes perchées et dômes transparents, les campings diversifient leur parc d’hébergements pour répondre à une clientèle qui recherche désormais une véritable expérience de séjour. Pour un gestionnaire d’établissement, la question n’est plus de savoir si cette mutation existe, mais comment la lire pour ajuster son offre sans compromettre sa rentabilité.

Le secteur reste solide : selon la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air, l’activité a totalisé 147,5 millions de nuitées en 2025, en progression par rapport à 2024. Dans ce contexte porteur, le glamping et les hébergements insolites se présentent comme un levier de montée en gamme, mais aussi comme un terrain d’arbitrage où chaque décision d’investissement mérite d’être documentée.

Réponse directe : Le glamping et les hébergements insolites transforment l’hôtellerie de plein air en élargissant son positionnement : les campings diversifient leur parc avec des lodges, cabanes et tentes équipées pour attirer une clientèle en quête d’expérience, tout en montant en gamme sur le confort. Cette évolution ouvre de nouvelles opportunités commerciales, à condition d’arbitrer précisément entre coût d’investissement, durabilité des équipements et positionnement du site.

Glamping et hébergements insolites : de quoi parle-t-on exactement ?

Le glamping désigne un hébergement de plein air qui offre un niveau de confort proche de l’hôtellerie : vrai lit, mobilier aménagé, parfois sanitaires privatifs et équipements de cuisine. Le mot combine « glamour » et « camping » : l’expérience de nature est préservée, mais le vacancier n’a plus à monter sa tente ni à transporter son matériel. Les hébergements insolites, eux, forment une famille plus large qui regroupe cabanes dans les arbres, bulles transparentes, roulottes, tiny houses, aqua lodges, dômes géodésiques ou yourtes.

La frontière entre les deux est poreuse. Un lodge toilé haut de gamme relève du glamping classique ; une cabane perchée joue davantage sur l’originalité architecturale. Dans les deux cas, le point commun est la rupture avec l’emplacement nu, où le campeur apporte son équipement, et avec le mobil-home standardisé. Le vacancier paie une nuitée pour un cadre identifiable, parfois photogénique, souvent raconté sur les plateformes de réservation.

Repères rapides sur ces hébergements

  • Emplacement classique : terrain nu, matériel apporté par le client, tarif accessible.
  • Mobil-home : hébergement locatif standardisé, cœur historique du parc des campings.
  • Glamping : hébergement toilé ou en dur avec confort hôtelier intégré.
  • Hébergement insolite : forme architecturale originale (cabane, bulle, dôme) qui devient elle-même un argument de séjour.
Entre tente et chambre d’hôtel, le glamping se distingue par un vrai mobilier et un confort aménagé.



Ces offres s’inscrivent dans la classification de l’hôtellerie de plein air, mais leur statut administratif demande attention. Selon la classification officielle des hébergements insolites publiée par la Direction générale des entreprises, un hébergement insolite n’est classable comme meublé de tourisme que s’il répond à la définition légale d’usage exclusif, sans parties communes partagées. Les hébergements avec chambres ou cuisines communes relèvent d’un autre régime, ce qui peut influencer les choix d’aménagement d’un établissement.

Pour un gestionnaire de camping, intégrer ces catégories dans son parc revient donc à combiner trois niveaux de lecture : l’expérience client proposée, le positionnement tarifaire visé et le cadre réglementaire applicable. L’écart entre un emplacement nu à faible tarif et une cabane premium à plusieurs centaines d’euros la nuit illustre l’amplitude désormais couverte par un même établissement.

C’est précisément ce rendez-vous que propose chaque année le salon mobil home 2026, où les professionnels de l’hôtellerie de plein air viennent comparer les gammes d’hébergements et discuter avec les fabricants.

Pourquoi le glamping séduit de nouvelles clientèles ?

Le glamping attire parce qu’il réconcilie deux attentes longtemps opposées : vivre dehors et dormir bien. Les vacanciers urbains, les couples en court séjour et les familles qui veulent initier leurs enfants à la nature forment un noyau de clientèle qui ne se reconnaissait pas dans le camping traditionnel. Pour eux, la tente lodge ou la cabane n’est pas un hébergement par défaut : c’est l’argument principal du voyage.

Cette demande s’inscrit dans un marché porteur. La FNHPA relève, dans son bilan annuel du secteur du camping, « 147,5 millions de nuitées, soit une progression de +4,5 % par rapport à 2024 », avec une empreinte socio-économique estimée à 31 milliards d’euros et environ 196 000 emplois équivalents temps plein générés en 2025. Autrement dit, l’hôtellerie de plein air n’est plus un segment périphérique du tourisme français, et le glamping y occupe une place croissante en captant une clientèle qui, auparavant, se tournait vers le gîte rural ou l’hôtel.

Cas pratique

Un couple parisien dispose de quatre jours pour un week-end prolongé. Il recherche une déconnexion sans effort logistique : pas de matériel à transporter, un vrai lit, une douche privative et un cadre qui change d’un appartement de centre-ville. Un camping qui propose, aux côtés de ses emplacements, une poignée de lodges toilés sur plancher bois peut capter ce profil à un tarif supérieur à la nuitée classique, souvent sur des périodes hors vacances scolaires. Cette hypothèse illustre un basculement de clientèle fréquemment évoqué dans le secteur, sans préjuger du taux d’occupation réel d’un établissement donné.

Les motivations se recoupent largement : recherche d’expérience, désir de confort sans renoncer à la nature, besoin de récits à partager après le séjour. Les séjours courts et hors saison sont particulièrement porteurs pour ces hébergements, qui amortissent moins leur rotation sur les semaines estivales que les emplacements traditionnels. Cette saisonnalité élargie fait partie des arguments mis en avant pour justifier l’investissement, même si les retours doivent être observés site par site.

Comment l’offre d’hôtellerie de plein air se transforme concrètement ?

La transformation des campings repose sur trois mouvements combinés : montée en gamme, diversification du parc, et évolution des services associés. La montée en gamme passe par l’ajout d’hébergements premium (lodges spacieux, cabanes privatives avec terrasse, hébergements avec spa individuel) qui tirent le panier moyen vers le haut. La diversification élargit l’éventail des typologies pour couvrir plusieurs segments de clientèle sur un même site.

Les salons professionnels permettent d’observer concrètement les nouvelles offres d’hébergement du secteur.



Au-delà des hébergements eux-mêmes, ce type de rendez-vous donne accès à des conférences, retours d’expérience et tables rondes où s’expriment des exploitants et des représentants de la fédération. C’est l’occasion de confronter sa propre réflexion à celle de pairs qui ont déjà testé une diversification, et d’identifier les signaux faibles (nouveaux matériaux, nouveaux formats d’hébergement, outils de gestion locative) qui n’apparaissent pas encore dans la presse grand public.

Préparer sa visite d’un salon professionnel
  1. Clarifier son objectif en amont

    Diversifier, monter en gamme, remplacer un parc vieillissant : la question initiale oriente les stands à visiter.

  2. Repérer les exposants avant le déplacement

    Les listes d’exposants permettent de cibler les fabricants d’hébergements correspondant à son positionnement.

  3. Comparer sur site les matériaux et finitions

    Toucher une toile, ouvrir une porte, s’asseoir sur un lit donne des informations qu’aucun catalogue ne restitue.

  4. Collecter les éléments chiffrés

    Prix, délais, durée de vie, coûts d’entretien : demander des données précises à chaque exposant retenu.

  5. Prolonger par des visites de sites

    Compléter le salon par des visites d’établissements ayant déjà installé ces hébergements, pour vérifier la tenue dans le temps.

Quelles perspectives pour les professionnels de l’hôtellerie de plein air ?

La décision d’intégrer du glamping ou des hébergements insolites dépend d’abord du positionnement du site. Un camping familial de bord de mer, un établissement rural de moyenne gamme et un domaine haut de gamme en zone touristique premium ne répondent pas aux mêmes signaux. L’enjeu consiste à identifier le segment de clientèle que l’on cherche à capter, puis à vérifier que l’offre envisagée s’y adresse réellement, sans cannibaliser les hébergements existants.

Arbitrer entre diversification et montée en gamme
  • Si le parc est jeune et bien classé :

    Privilégier l’ajout ciblé d’une poignée d’hébergements insolites pour tester un nouveau segment sans refondre l’offre.

  • Si le parc vieillit et que les tarifs stagnent :

    Envisager une montée en gamme progressive, en remplaçant les hébergements amortis par des lodges ou cabanes à meilleur positionnement.

  • Si la clientèle est très saisonnière :

    Étudier des hébergements adaptés à l’intersaison (dômes isolés, cabanes chauffées) pour allonger la période d’exploitation.

  • Si les ressources d’investissement sont limitées :

    Commencer par un ou deux hébergements pilotes et évaluer la rentabilité réelle avant d’engager un plan plus large.

Les doutes sur la rentabilité et la durabilité restent légitimes. Un lodge toilé peut avoir une durée de vie plus courte qu’un mobil-home ; une cabane haut de gamme suppose un entretien régulier ; les hébergements très originaux séduisent sur la photo mais exigent parfois des opérations de maintenance spécifiques. La seule façon d’arbitrer sérieusement consiste à collecter des données chiffrées auprès des fabricants, à les confronter aux retours d’exploitants et à les projeter sur son propre taux d’occupation historique.

Pour approfondir la question d’un hébergement précis, un dossier éditorial comme le lodge tente entre confort et aventure donne un éclairage complémentaire sur le positionnement de ce type de produit auprès des vacanciers. Ce type de lecture ne remplace pas les données sectorielles officielles, mais aide à cerner les attentes exprimées par la clientèle.

Questions fréquentes des gestionnaires d’établissement
Le glamping peut-il vraiment être rentable pour un camping existant ?

La rentabilité dépend du tarif de nuitée pratiqué, du taux d’occupation réel, du coût d’investissement et de la durée de vie de l’hébergement. Un lodge toilé bien positionné sur une destination touristique peut afficher un panier moyen supérieur à un emplacement classique, mais l’amortissement s’évalue site par site. Les données chiffrées des fabricants et les retours d’exploitants restent les sources les plus fiables pour construire une projection.

Quels hébergements insolites correspondent à une clientèle en quête d’expérience ?

Les cabanes dans les arbres, les bulles transparentes, les dômes géodésiques, les tiny houses, les roulottes et les aqua lodges figurent parmi les formats les plus demandés. Le choix dépend du cadre naturel du site, du climat et du positionnement tarifaire visé. Un hébergement très original attire fortement sur les plateformes de réservation mais suppose généralement une maintenance spécifique.

Un hébergement insolite est-il classé comme meublé de tourisme ?

Selon la Direction générale des entreprises, un hébergement insolite n’est classable en meublé de tourisme que s’il répond à la définition légale d’usage exclusif du locataire, sans parties communes partagées. Les hébergements avec chambres ou cuisines communes relèvent d’un autre régime. Ce point est à vérifier précisément avant tout projet d’investissement.

Comment comparer efficacement les fournisseurs du secteur ?

Les salons professionnels tels que le SETT à Montpellier concentrent constructeurs, équipementiers et prestataires en un seul lieu, ce qui facilite la comparaison directe des produits et des conditions commerciales. Compléter la visite par des échanges avec des exploitants ayant déjà installé les hébergements envisagés permet de vérifier la tenue dans le temps.

Pour avancer concrètement, l’étape la plus utile consiste souvent à voir, toucher et comparer les hébergements sur un rendez-vous dédié. Préparer sa visite en identifiant à l’avance les exposants pertinents permet de transformer un déplacement en véritable outil de décision.

Le glamping et les hébergements insolites ne constituent pas une solution miracle pour tous les campings, mais ils redessinent durablement le périmètre de l’hôtellerie de plein air. Pour un gestionnaire, la bonne question n’est pas « faut-il y aller ? » mais « avec quel format, pour quelle clientèle et à quel rythme ? ». Les réponses se construisent au croisement des données du secteur, des retours d’exploitants et d’une connaissance fine de son propre site.

Rédigé par Léa Mercier, rédige des contenus pédagogiques consacrés aux tendances du tourisme et de l'hôtellerie de plein air.